La ficaire 

Présentation

         La ficaire est une des premières plantes qui apparaît au Printemps, le long des chemins, ses pétales sont brillants comme des boutons d'or, mais ils sont beaucoup plus nombreux, allongés et pointus.

         Elle pousse généralement en petites colonies qui couvrent bien le sol.

         Voilà pour sa description sommaire qui vous permettra sans doute déjà de la reconnaître.

Description

         Si nous l'observons de plus près, voici les caractéristiques de l'espèce la plus répandue (il existe une sous-espèce qui comporte une différence morphologique évoquée plus loin):
[La ficaire]

Elle ne dépasse pas 20 cm,

Les Feuilles sont luisantes, en forme de coeur, assez charnues, vert foncé, parfois maculées de taches foncées,

Les Fleurs d'un jaune vif brillant, blanchissent en se fanant, d'un diamètre de 2 à 3 centimètres avec 8 à 12 pétales étroits. Les sépales sont au nombre de 3,

Les Tiges sont molles et creuses,

Les Étamines et les Ovaires sont regroupés sur le thalamus (du grec thalamos: couche nuptiale, caractéristique des renoncules),

Les Racines sont tubéreuses,

Elle pousse généralement sur les sols à faible couverture végétale, dans les lieux humides ou ombragés,


         Sa dénomination latine est RANUNCULUS FICARIA décrite officiellement par LINNÉ pour la première fois. (Dans certains guides elle est dénommée "FICARIA VERNA").

         La sous-espèce comporte des bulbilles à l'aisselle des feuilles. Elle est dénommée RANUNCULUS FICARIA sous-espèce bulbilifer.

         Elles font partie de la famille des RENONCULACEES (qui vient du latin rana: grenouille).

         Ses noms locaux sont nombreux:

herbe au pie, petite chélidoine, bouton d'or, petite éclaire, éclairette, herbe aux hémorroïdes, mort aux vaches, herbe de feu, bassinet, couillon de rat...,
en occitan: aurelhèto, tétinas de cat,
je ne lui ai pas trouvé de nom breton (avis aux bretonnants),
son nom vernaculaire est bien sur la FICAIRE.

Attention aux noms locaux

         Elle n'a bien sur absolument rien à voir avec la chélidoine (chélidonium majus) appelée en autre Grande Éclaire. La chélidoine est une papavéracée.

Usages Médicinaux et Principes Actifs

         La FICAIRE est essentiellement utilisée dans le traitement des hémorroïdes.

         L'auteur d'un écrit de 1672 signale les succès obtenus dans ce domaine par un charlatan qui traite ses patients en leur donnant à boire de la bière dans laquelle avaient macéré des feuilles et racines de ficaire.

         Une anecdote contemporaine, Yves ROCHER, tailleur, couturier de métier, s'est lancé dans la fabrication des produits de beauté après avoir mis au point une pommade pour les hémorroïdes. Il en avait récupéré la recette auprès d'une personne âgée.

         Les recettes des pommades traditionnelles à la Ficaire sont assez proches, elles sont toutes faites à partir des racines ramassées, après floraison, et mélangées avec un produit gras.

         Voici le détail de l'une d'entre-elles:
         "Broyer des racines fraîches, récoltées au printemps ou en automne, avec trois fois leurs poids de beurre frais ou de saindoux: laisser ce mélange dans un pot de grès ou un récipient de verre pendant 4 ou 5 jours; puis mettre sur un feu doux pour faire fondre la matière grasse; passer en exprimant à travers un linge fin et conserver dans un pot bien fermé" (Extrait de "Nos Grand'mères Savaient..." de Jean PALAISEUL - Edition Robert LAFFONT).

Important

         Les feuilles et les tiges de la ficaire sont toxiques à l'état frais:

Les mendiants s'en frottaient la peau pour produire des plaies factices (la Clématite produit le même type d'irritation et était aussi utilisée à cette fin).
Elles servaient aussi pour empoisonner les rats.

         C'est la protoanénomine qui provoque la mort en cas d'ingestion d'une dose importante.
Lors de la dessiccation de la plante, cette substance se transforme en anémonine non toxique.

         La protoanémonine est présente chez d'assez nombreuses plantes de la famille des renonculacées: trolle d'Europe, nigelles, anémones, pigamons, clématites, renoncule âcre, renoncule bulbeuse, renoncule scélérate.

         Elle contient d'autres principes actifs:

Des hétérosides,
Des saponosides,
De l'acide oléanique (ficarine),
De la vitamine P qui a un rôle vasoconstricteur (utile pour la réduction de la crise hémorroïdaire).

         En médecine conventionnelle, elle est utilisée aussi bien en homéopathie qu'en allopathie.

Gilbert             

Bibliographie
- " La Flore d'Europe Occidentale " - Marjorie BLAMEY; Christopher GREY-WILSON - Édition ARTHAUD.
- " Les Fleurs Sauvages " - Bertran MUNKERY - Édition SOLAR - Collection Guide Vert Poche.
- " Dictionnaire de Botanique " - Bernard SOULLARD - Édition ELLIPSES.
- " Les Simples entre Nature et Société " - Édition E P I (Etudes Populaires et Initiatives).
- " Le Jardin des Plantes " - Revue du Parc National des Cévennes n° 38.39/1988.
- " Connaître et Reconnaître les Plantes Médicinales " - Loîc GIRRE - Édition Ouest-France.
- " Nos Grand-mères Savaient... " - Jean PALAISEUL - Édition Robert LAFFONT.